Les textes qui sont publiés sur ce blog sont ma propriété, les photos sont soit les miennes, soit sous le copyright fabian da costa photographe. Sauf indications de sources de ma part. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

lundi 3 août 2020

et cela passera aussi...



photo fabian da costa



Ils passeront ces nuages, ils s'effaceront ces voiles gris. Un matin de fraîcheur, ou bien le soir venu, quand le vent se lève et nettoie le ciel d'un grand souffle imprévu.

Attendre le soleil mais ne pas se hâter. Aujourd'hui je veux juste les regarder et même les contempler. Ils sont la peine du coeur, les brumes de l'âme; doux et précieux.


vendredi 1 mai 2020

A genoux devant la vie

Portugal - photo fabian da costa


Mais pour nous l'existence est encore enchantée ;
la vie encore
est source en cent endroits.
Un jeu de forces pures que nul ne touche,
s'il ne s'agenouille et s'il n'admire.

Rainer Maria Rilke

mercredi 22 avril 2020

le coeur nu

Arunachala - India - Tiruvanamalai
photo fabian da costa


Le temps de ces temps-ci est un temps de retrait, nous le savons tous. Un temps recommandé pour revisiter sa maison, ranger les armoires, vider les tiroirs. Et puis le temps passant, après celui du dehors, vient le temps du dedans. Je veux parler du dedans du dedans. De cet inexploré ou bien si peu visité, qu’on en perd parfois le chemin.

De belles âmes, de bonnes paroles, nous invitent par avis de gros temps - ici vent de tempête force 8 - nous invitent donc à profiter de cet exceptionnelle opportunité pour “ aller y voir “ - expression favorite des gens du métier.

J’y suis donc allée, doucement pour commencer, comme sur tout chemin un peu oublié. Je me suis vite retrouvée : il n’y avait quand même pas si longtemps que je ne l’avais parcouru.  Et très vite aussi, je l’ai revu ! Toujours à la même place, toujours aussi vaillant. Mais là, oh surprise, il était nu. Oui, mon cœur était nu, sans protection. Le moindre souffle aurait pu le faire frissonner, le plus petit bruit trembler.

De quelqu’un de sensible on dit qu’il a le cœur tendre, d’un généreux, le cœur sur la main, d’un indifférent, le cœur dur. Mais qui osera avouer, moi j’ai le cœur nu. La nudité du corps est moins gênante que celle-ci.

Je l’ai regardé avec compassion et je crois même que je me suis mise à pleurer.  C’est alors qu’il m’a parlé. Oui je sais, un cœur qui parle peut vous sembler étrange. Mais n’oubliez pas que nous sommes dans une époque où plus rien n’est prévisible, où le bizarre est la norme, le jamais vu l’ordinaire. Alors j’ai écouté mon cœur, ce qu’entre nous, nous devrions faire plus souvent.

Et c’est lui qui m’a consolée. - Mais ce n’est pas triste m’a t-il dit avec une grande tendresse, d’être nu comme je le suis. Au contraire, même si au début j’avais un peu froid. On s’habitue assez vite à se défaire des couches accumulées au fil d’une vie. Ce sont les vieilles croyances, les anciennes certitudes qui s’en vont. Les idées qu’on se faisait sur ce que devait être le chemin, sur ce qu’on estimait avoir le droit d’espérer, d’exiger.

C’est parfait de se débarrasser de toutes ces histoires qu’on se raconte pour se rassurer, pour se réchauffer. Je me suis senti tellement plus libre, une vraie joie. Mais le plus dur restait à venir. Avec le dernier voile, celui qui colle au plus près, tu enlèves en même temps bien davantage que tu ne pouvais te l'imaginer. Là tu as vraiment mal. Tu connais la douleur et tu penses que tu ne vas pas survivre.

Cela s’appelle se séparer des illusions de l’amour, pour arriver à l’amour sans illusions. Et malgré ce que l’on croit au début, quand on souffre tellement, c’est la plus belle chose qui puisse nous arriver. Parce que là commence le vrai amour. Celui qui est - juste parce qu’il ne peut pas en être autrement. Celui qui aime sans conditions, sans espérances de retour, sans marchandages, sans garantie d’éternité. Alors le cœur nu n’a plus froid, il est ardent et brûle, et demande à aimer toujours plus.

jeudi 26 mars 2020

Mais où le péril croît le salutaire aussi

Patmos-photo fabian da costa

  
Est proche
Et rude à saisir le dieu.
Mais où est le péril, croît
Le salutaire aussi.
Dans les ténèbres habitent
Les aigles et sans crainte vont
Les fils des Alpes franchissant l’abîme
Par des passerelles légèrement bâties.
C’est pourquoi, comme sont amoncelées à l’entour
Les cimes du temps, et que les bien-aimés
Habitent proches, s’exténuant sur
Les monts les plus séparés,
Donne ainsi l’eau innocente,
Ô donne-nous les ailes du sens le plus fidèle
Pour traverser et pour revenir...

(Friedrich Hölderlin, traduction française de Patrick Guillot du poème « Patmos»)
 

 

samedi 15 février 2020

Veilleur où en est la nuit ?

Alhambra - Espagne automne 2019



 «  Veilleur où en est la nuit ? «  demande l’âme angoissée au prophète Isaïe - celui qui veille encore debout sur les remparts d’un monde assiégé par les ombres de la mort.

La nuit du cœur, celle-là qui vient sans prévenir, aussi brusquement tombée que là-bas, sous les tropiques, où elle efface en un instant la clarté du jour.

Et le veilleur de répondre : «  Vient le matin et puis la nuit. Si vous le voulez, interrogez, convertissez-vous, revenez. »  

Et ainsi de la vie – du blanc et du noir, de la joie, du désespoir. Veilleur, où en suis-je de ma nuit, celle du coeur brisé ? Il y en aura bien d’autres encore, des plus claires et des plus sombres, et des aubes également. Le prophète ne ment pas, ne rassure pas à peu de frais : oui, l’aube viendra, annonciatrice du jour, mais la nuit suivra avant que le matin ne la chasse à nouveau.

J’ai cessé de croire à ce temps découpé en tranches : celle du passé, celle du futur, et coincée entre les deux, le présent qui disparaît à chaque seconde sans que je puisse le retenir. Non, c’est moi qui me déplace des unes aux autres, et selon que je choisis de me poser sur l’une ou l’autre, ma vie n’est plus la même.

Ou bien encore, et c’est ce que je préfère, ce temps est une spirale infinie où se rejouent les mêmes séquences que je peux voir à chaque passage d’un peu plus haut, d’un peu plus loin. Paysage qui se révèle quand le marcheur s’élève et découvre, récompense de l’effort, ce grand livre ouvert qu’il ne pouvait ni lire ni comprendre, de trop près, de trop bas.

Ce qui était désordre s’organise, ce qui l’interrogeait prend sens. C’était donc cela ce labyrinthe épuisant, ces impasses trompeuses, cette route interminable ?

Cette carte mentale qui s’ouvre, se dévoile, se développe, se déchiffre mieux, s’explique en partie du moins. Car il ne faut pas rêver - livre, carte, plan, rien de tout cela ne sera définitivement connu. Et c’est sans doute le plus difficile, en tous cas pour moi - de savoir que rien ne sera jamais fini, abouti, terminé. Que pas plus que ne s’arrêtera la danse des atomes, notre danse à nous ne se terminera, et encore ce n’est pas certain, que lorsque nous verrons l’autre côté de la toile. 
















vendredi 24 janvier 2020

Repos

Lisbonne - photo fabian da costa


"  Rest in natural great peace this exhausted mind,
Beaten helplessly by karma and neurotic thoughts
Like the relentless fury of the pounding waves
In the infinite ocean of samsara.
Rest in natural great peace "

Nyoshul Khenpo Rinpoche


" Laisse reposer dans la grande paix originelle cet esprit épuisé,
Impuissant, battu par le karma et les pensées névrotiques,
Comme par la fureur implacable et terrifiante des vagues,
Dans l’océan infini du samsara.
Repose dans la grande paix originelle "




mercredi 15 janvier 2020

et Renaître

Fondation Miro - Barcelone
photo fabian da costa

" Qui peut se faire neuf sans avoir d'abord été détruit ? "

Lou Andréa Salomé