vendredi 15 janvier 2021

La porte sans porte

 

Jardin Albert Kahn - photo fabian da costa




A tous ces passages, à toutes ces portes franchies, ces chemins aboutis, à cet instant où tu t’engages, je te regarde jeune fille.

 

Je te regarde avec infiniment de tendresse et de compassion. Avance, et passe-la, cette porte sans porte - bien d’autres t’attendent que tu ne connais pas. Elles ne sont là que pour cela.

 

Pour que tu les traverses les unes après les autres, jusqu’à ce jour où tu approcheras de la dernière. Oui, je te regarde avec amour, et j’espère que le moment venu, tu t’avanceras avec la même joie, la douce innocence qui étaient tiennes ce jour de printemps, dans ce jardin clos.

vendredi 8 janvier 2021

L'âme des pierres

 

labradorite - photo fabian da costa


Je parle des pierres plus âgées que la vie et qui demeurent après elle sur les planètes refroidies, quand elles eurent la fortune d’y éclore. Je parle des pierres qui n’ont même pas à attendre la mort et qui n’ont rien à faire que laisser glisser sur leur surface le sable, l’averse ou le ressac, la tempête, le temps.

 

L’homme leur envie la durée, la dureté, l’intransigeance et l’éclat, d’être lisses et impénétrables, et entières même brisées. Elles sont le feu et l’eau dans la même transparence immortelle, visitée parfois de l’iris et parfois d’une buée. Elles lui apportent, qui tiennent dans sa paume, la pureté, le froid et la distance des astres, plusieurs sérénités.

 

Comme qui, parlant des fleurs, laisserait de côté aussi bien la botanique que l’art des jardins et celui des bouquets – et il lui resterait encore beaucoup à dire -, ainsi, à mon tour, négligeant la minéralogie, écartant les arts qui des pierres font usage, je parle des pierres nues, fascination et gloire, où se dissimule et en même temps se livre un mystère plus lent, plus vaste et plus grave que le destin d’une espèce passagère.

 

Janvier 1966

 

Roger Caillois « Pierres «  NRF Poésie / Gallimard

 

 

 

 

 

mercredi 30 décembre 2020

Rencontre

 


 

 Le temps viendra 

Où, plein d’allégresse, 

Tu t’accueilleras chez toi, 

Devant ton propre miroir,

  

Et chacun sourira devant l’accueil  de l’autre,

Et dira assieds-toi. Mange.

Tu aimeras à nouveau l’étranger que tu étais pour toi-même.

Offre du vin. Offre du pain. Rends ton coeur

A ton cœur, à l’étranger qui t’a aimé

 

Toute ta vie, que tu as ignoré,

Pour un autre, qui te connaît par cœur.
Descends les lettres d’amour de l’étagère,

 

Les photographies, les billets désespérés,

Détache ta propre image du miroir.
Assieds-toi. Savoure ta vie.

 

Derek Walcott.   - L’ Amour après l’amour -

mardi 29 décembre 2020

Pour l'année qui vient !

 

photo fabian da costa

 

De presque rien à pas grand chose, 

juste une fragile beauté. 

Que l’année qui s’en vient 

vous soit tout autant illuminée 

d’espoir, d’amour et de fraternité. 

 

  Anne et Fabian pour 2021

mardi 22 décembre 2020

Alice aux Pays des Merveilles

 

Alice et le tunnel du Lapin blanc



"Il existe un Tunnel obscur dans la Lumière Infinie.

On l'appelle « Temps ».

Lorsqu'un Humain entre dans ce Tunnel,

On appelle cela « Naître ».

Lorsqu'un Humain marche au long de ce Tunnel,

On appelle cela « Vivre ».

Lorsqu'un Humain sort de ce Tunnel,

On appelle cela « Mourir ».

Considérer que vivre se réduit à évoluer dans un Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Illusion ».

Percer des trous dans ce Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Science ».

Savoir que la Lumière est autour du Tunnel,

Cela s'appelle « Foi ».

Voir la Lumière dans le Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Amour ».

Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Sagesse ».

Éclairer le Tunnel obscur de sa propre Lumière,

Cela s'appelle « Sainteté ».

Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,

« Cela est au-delà des mots »."

 

Lao Tseu

 

lundi 3 août 2020

et cela passera aussi...



photo fabian da costa



Ils passeront ces nuages, ils s'effaceront ces voiles gris. Un matin de fraîcheur, ou bien le soir venu, quand le vent se lève et nettoie le ciel d'un grand souffle imprévu.

Attendre le soleil mais ne pas se hâter. Aujourd'hui je veux juste les regarder et même les contempler. Ils sont la peine du coeur, les brumes de l'âme; doux et précieux.


vendredi 1 mai 2020

A genoux devant la vie

Portugal - photo fabian da costa


Mais pour nous l'existence est encore enchantée ;
la vie encore
est source en cent endroits.
Un jeu de forces pures que nul ne touche,
s'il ne s'agenouille et s'il n'admire.

Rainer Maria Rilke

La porte sans porte

  Jardin Albert Kahn - photo fabian da costa A tous ces passages, à toutes ces portes franchies, ces chemins aboutis, à ...