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jeudi 26 mars 2020

Mais où le péril croît le salutaire aussi

Patmos-photo fabian da costa

  
Est proche
Et rude à saisir le dieu.
Mais où est le péril, croît
Le salutaire aussi.
Dans les ténèbres habitent
Les aigles et sans crainte vont
Les fils des Alpes franchissant l’abîme
Par des passerelles légèrement bâties.
C’est pourquoi, comme sont amoncelées à l’entour
Les cimes du temps, et que les bien-aimés
Habitent proches, s’exténuant sur
Les monts les plus séparés,
Donne ainsi l’eau innocente,
Ô donne-nous les ailes du sens le plus fidèle
Pour traverser et pour revenir...

(Friedrich Hölderlin, traduction française de Patrick Guillot du poème « Patmos»)
 

 

samedi 15 février 2020

Veilleur où en est la nuit ?

Alhambra - Espagne automne 2019



 «  Veilleur où en est la nuit ? «  demande l’âme angoissée au prophète Isaïe - celui qui veille encore debout sur les remparts d’un monde assiégé par les ombres de la mort.

La nuit du cœur, celle-là qui vient sans prévenir, aussi brusquement tombée que là-bas, sous les tropiques, où elle efface en un instant la clarté du jour.

Et le veilleur de répondre : «  Vient le matin et puis la nuit. Si vous le voulez, interrogez, convertissez-vous, revenez. »  

Et ainsi de la vie – du blanc et du noir, de la joie, du désespoir. Veilleur, où en suis-je de ma nuit, celle du coeur brisé ? Il y en aura bien d’autres encore, des plus claires et des plus sombres, et des aubes également. Le prophète ne ment pas, ne rassure pas à peu de frais : oui, l’aube viendra, annonciatrice du jour, mais la nuit suivra avant que le matin ne la chasse à nouveau.

J’ai cessé de croire à ce temps découpé en tranches : celle du passé, celle du futur, et coincée entre les deux, le présent qui disparaît à chaque seconde sans que je puisse le retenir. Non, c’est moi qui me déplace des unes aux autres, et selon que je choisis de me poser sur l’une ou l’autre, ma vie n’est plus la même.

Ou bien encore, et c’est ce que je préfère, ce temps est une spirale infinie où se rejouent les mêmes séquences que je peux voir à chaque passage d’un peu plus haut, d’un peu plus loin. Paysage qui se révèle quand le marcheur s’élève et découvre, récompense de l’effort, ce grand livre ouvert qu’il ne pouvait ni lire ni comprendre, de trop près, de trop bas.

Ce qui était désordre s’organise, ce qui l’interrogeait prend sens. C’était donc cela ce labyrinthe épuisant, ces impasses trompeuses, cette route interminable ?

Cette carte mentale qui s’ouvre, se dévoile, se développe, se déchiffre mieux, s’explique en partie du moins. Car il ne faut pas rêver - livre, carte, plan, rien de tout cela ne sera définitivement connu. Et c’est sans doute le plus difficile, en tous cas pour moi - de savoir que rien ne sera jamais fini, abouti, terminé. Que pas plus que ne s’arrêtera la danse des atomes, notre danse à nous ne se terminera, et encore ce n’est pas certain, que lorsque nous verrons l’autre côté de la toile. 
















vendredi 24 janvier 2020

Repos

Lisbonne - photo fabian da costa


"  Rest in natural great peace this exhausted mind,
Beaten helplessly by karma and neurotic thoughts
Like the relentless fury of the pounding waves
In the infinite ocean of samsara.
Rest in natural great peace "

Nyoshul Khenpo Rinpoche


" Laisse reposer dans la grande paix originelle cet esprit épuisé,
Impuissant, battu par le karma et les pensées névrotiques,
Comme par la fureur implacable et terrifiante des vagues,
Dans l’océan infini du samsara.
Repose dans la grande paix originelle "




mercredi 15 janvier 2020

et Renaître

Fondation Miro - Barcelone
photo fabian da costa

" Qui peut se faire neuf sans avoir d'abord été détruit ? "

Lou Andréa Salomé

vendredi 3 janvier 2020

Tire-d'ailes

Matin d'hiver - photo fabian da costa



Un même espace unit tous les êtres : espace
intérieur au monde. En silence l’oiseau
vole au travers de nous. Ô, moi, qui veut grandir,
je regarde au-dehors, et en moi grandit l’arbre.

 Rainer Maria Rilke

samedi 28 décembre 2019

La Nuit du coeur juste avant l'Aube

Portugal - photo fabian da costa


Vous ne devez pas vous effrayer quand une tristesse se lève devant vous, fût-elle une tristesse plus grande que toutes celles que vous avez vécues. Quand une inquiétude passe, comme ombre ou lumière de nuage, sur vos mains et sur votre faire, vous devez penser que quelque chose se passe en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu'elle vous tient dans sa main à elle et ne vous abandonnera pas.

" 365 Jours avec Rainer Maria Rilke " Points Vivre Editions