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mercredi 26 avril 2017

Pour un temps suspendu...



Un lieu de paix et de silence - le jardin Zen d'Erik Borja - Drôme


Et nous sommes comme des fruits. nous pendons haut à des branches étrangement tortueuses et nous endurons bien des vents. Ce qui est à nous, c'est notre maturité, notre douceur et notre beauté. Mais la force pour ça coule dans un seul tronc depuis une racine qui s'est propagée jusqu'à couvrir des mondes en nous tous. Et si nous voulons témoigner en faveur de cette force, nous devons l'utiliser chacun dans le sens de sa plus grande solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, émouvante et puissante est leur communauté.

Rainer Maria Rilke " Notes sur la mélodie des choses."


     Lu ce matin, dans le silence d'un jour qui commence, froid et gris, avec pour seule musique, celle de la pluie qui tombe du toit sur les pierres du jardin. Avec pour seule présence, celle d'un chat roux qui vient de rentrer trempé de sa maraude nocturne. 
      Alors oui, comme un désir de retrait, de solitude, au milieu de cette tempête de bruits, d'invectives, de postures médiatiques, d'heures et de jours, de semaines à venir, qui seront remplis de petites phrases et de grands mots - de ceux qui feront peur, et des autres qui se voudront porteurs d'espoirs. 
     Le jour venu je ferai ce que ma raison à défaut de mon coeur, me demandera de faire. Et ensuite, j'essaierai chaque jour de témoigner, à ma mesure si légère, de cette force fragile qui appelle chacun à la maturité, à la douceur, à la beauté.





jeudi 20 avril 2017

Hommage


Emmanuel

Refermer mes mains lentement sur ses mains,
pour qu'il ne pleure pas : il sait que je le quitte.
Mais un jour, un matin peut-être, très ordinaire,
quelqu'un viendra, qui me ressemble étrangement
et qui prendra ses mains, comme à cet instant même.

Quelqu'un qui me ressemble et qui ne sera pas 
son père familier, ce sera l'étranger, qu'il aura
quelquefois entrevu dans un songe,
un ange de tendresse et de longue patience,

et qui l'emportera au lieu d'inconnaissance
où tournoient les soleils.

Jean Vigna 


Ce matin, quatrième jour de la Semaine Lumineuse, celle qui suit le dimanche de la Résurrection, nous avons entouré Jean, notre ami, qui cheminait une dernière fois avec son fils, sur l'ultime chemin. Malgré l'âge venu, Emmanuel était resté cet enfant ébloui par un vol de colombes, ce coeur ouvert simplement aux étonnements de la vie.

Jean nous a confié ce poème, écrit quelques mois plus tôt, et je lui ai demandé la permission de le partager ici - comme un hommage à l'amour paternel, comme un cadeau aussi, fait à nous tous, qui nous tiendrons un jour ou l'autre au seuil de cette insondable inconnaissance.


lundi 17 avril 2017

Le champ du rêve



Le champ du rêve se travaille la nuit, quand s’éveille tout un monde inconnu de nos jours.
Et ce monde là, laisse sur ses pas des ombres et des brumes, des éclats de soleils, des éclairs de comètes, qui traversent, fulgurants souvenirs, nos mémoires éblouies.

Nous ne labourons pas ce champ, mais nous en récoltons les fruits. Alors peut s’élever dans nos coeurs, dans nos âmes, le chant du rêve – celui qui vient dans le silence apprivoisé de ce qu’on nomme rêverie.


dimanche 16 avril 2017

Quand vous avez un rêve

                     

                     

 
  Un rêve n’est pas ce dont vous rêvez et qui arrive ensuite. Le rêve est une chose à laquelle vous ne vous attendez pas et qui débarque dans votre vie. Les rêves arrivent par derrière, pas devant vos yeux, ils vous parlent dans votre dos.

  Quand vous avez un rêve… Il ne vient pas à vous en criant ce que vous êtes, ce que vous devez faire du reste de votre vie. Ils sont parfois des murmures. Et j’ai toujours dit à mes enfants : les choses les plus difficiles, à écouter, votre instinct, votre intuition personnelle, sont discrètes, elles ne surgissent pas bruyamment.

  Si un jour dans votre vie, vous êtes prêts à écouter ce murmure dans l’oreille, car il hurle très rarement, si vous pouvez l’entendre, si vous le sentez au fond de vous. Si c’est quelque chose que vous pensez vouloir faire toute votre vie, cela deviendra ce que vous ferez tout le reste de votre vie et nous profiterons tous de ce qui naîtra de cette passion. »

Steven Spielberg





                            

vendredi 31 mars 2017

Pourquoi j'aime l'Inde - II...

méditation sur Asi Ghat à Varanasi - photo fabian da costa


                  ...pour ce peuple de tous les jours, non plus seulement les " touristes spirituels ", les bobos en quête d'exotisme, les anciens hippies ( il en reste, j'en ai vu...) . Pour tous ces gens pas très jeunes, loin d'être aussi beaux que la superbe jeunesse sportive venue s'abreuver aux sources du yoga, pour tous ceux-là qui par centaines, ici, tous les matins à l'aube sur les bords du Gange éternel, se souviennent  et nous rappellent, qu'il est une heure sacrée où le corps et l'esprit peuvent s'unir d'un même élan vers le Suprême.





mardi 28 mars 2017

Pourquoi j'aime l'Inde - I -

sur les ghats à Varanasi - photo fabian da costa





On disait traditionnellement en Inde, qu’il était bien de se prosterner devant tout ce que l’on rencontrait. Peu importe que ce soit devant un arbre, une vache, un serpent ou un nuage. – penchez-vous juste devant lui.



Quand vous vous inclinez ainsi, il se pourrait que  vous soyez fou, ou bien que vous ayez regardé la vie dans toute son insondable  profondeur.



La différence entre un idiot et un être illuminé est très mince. A première vue, ils sont semblables, mais ils vivent en fait dans deux mondes à part. 

Traduit de l'anglais : " Inner enginnering " Sadhguru
Penguin Ed.

vendredi 24 mars 2017

Mais enfin...Anne !!!

Bénarès, dans un rikshaw - photo fabian da costa




Pourquoi aimes-tu tellement l'Inde ? C'est assourdissant, irrespirable, sale, quand tu en reviens, quatre fois sur trois tu es malade...Tu viens de rentrer et tu ne penses déjà qu'à repartir...Mais enfin, que trouves-tu là-bas que tu ne trouves pas ici ?