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jeudi 24 septembre 2015

Comité de défense des Bisounours




Je décide de fonder aujourd'hui, le comité de défense des Bisounours. La cause est grave et urgente : je m'explique.

Chaque fois qu'une action, une idée, un souhait, un espoir, apparaît trop gentil, trop naïf dans le registre des bons sentiments, le choeur des braves gens entonne le refrain " On n'est pas au pays des Bisounours ". 

Mais qu'ont-ils donc fait ces pauvres petits ours, pour mériter autant d'ironie, voire de mépris ? Après une étude anthropologique sérieuse de leur moeurs, il semblerait qu'ils n'auraient qu'une idée - faire le bien, donner de l'amour, aider tous ceux qui pourraient avoir besoin de leurs services. Fi ! Les vilaines bestioles !

Que ceux qui n'aiment ni la tendresse, ni la gentillesse, ni la bonté, me jettent à la tête l'ours en peluche qu'ils ont gardé au fond de leur coeur, quand ce n'est pas bien caché, au plus secret d'un placard.




dimanche 20 septembre 2015

Pour faire un jardin zen...

Le jardin zen d'Erik Borja - Drôme
photo personnelle

Pour faire un jardin zen et je me permets d'ajouter, pour faire toute chose à quoi l'on tient vraiment...

" Il ne faut suivre qu'un seul principe fondamental :
suivre sa première idée.
Ensuite,
pour ce qui en découlera,
suivre son coeur. "

" Le Livre secret des jardins japonais ". Pierre et Suzanne Rambach. Albert Skira Editeur

 

La légende du Roi pétrifié

Sainte-Sophie - Istanbul - Constantinople
photo fabian da costa


" Le 29 mai 1453, l’armée du sultan Mehmed II n’aura pas grande peine à submerger dans le sang Byzance affaiblie, abandonnée par un Occident qui se réjouit secrètement ou ouvertement, de voir enfin jetée bas le reste fumant d’un empire qui se voulait le successeur de Rome, la terre du Christ.
Au soir de sa victoire, le vainqueur avait regardé du haut de la coupole de Sainte-Sophie, la fumée des incendies qui montaient de la ville. Dans ce qui restait du grand palais sacré des empereurs, il avait murmuré, méditant sur l’inconstance des armes et les vanités du monde, les deux vers d’un poète persan :
 ‘’L’araignée a filé sa toile dans le palais impérial. La chouette a entonné son chant nocturne sur les tours d’Afrasiab.’’

On retrouvera le corps ensanglanté du dernier empereur au milieu d’un amoncellement de  cadavres. Seules, ses bottines cramoisies brodées d'aigles impériales permettront de le reconnaître. Pour des noces ultimes, le sang d’un basileus se mêle à la pourpre. Jamais plus aucun homme ne montera sur le trône de Byzance, chaussé de rouge, couronné d’or, de perles et de diamants. Personne ne se dira plus avec autant d’orgueil que de foi, représentant de Dieu sur la terre, serviteur du Christ, seul vrai maître de l’Empire et du cosmos.
Byzance s’effondre, Byzance est morte. Les femmes descendantes des anciens empereurs accoucheront en exil de leurs premiers-nés, tenant dans leur main un fragment de porphyre, dérisoire et splendide souvenir d’un pouvoir disparu.

           Les mythes sont parfois plus forts que l’histoire. Ils ont pour eux l’inaliénable liberté qui donne aux rêves puissance sur la vérité. En Grèce de nos jours encore, les enfants chantent la légende du roi pétrifié.
L’histoire commence lorsque le dernier empereur byzantin apprend que les Turcs viennent de pénétrer dans la ville, par la porte du Pommier-Rouge. Il selle son cheval, et court se jeter dans la bataille. A l'instant où il va succomber sous les coups des ennemis qui s’acharnent sur lui par dizaines, un ange survient et l’emporte avec son cheval dans une grotte secrète.
Là, changé en statue de marbre il attend, l’épée levée au-dessus de sa tête, le jour de la grande délivrance. Alors il se précipitera à nouveau dans les rues de Constantinople et libèrera sa terre et son peuple. Alors, à nouveau reviendront les bannières et les oriflammes sur les murs de la ville, les processions triomphales sous les portes d’or, et les chants des liturgies solennelles retentiront dans Sainte-Sophie, plus belle que jamais. "

"Anne Comnène, princesse de Byzance ". Work in progress – Anne da Costa
           
Qu’elles reposent en paix au-delà des chimères humaines, les cendres de ceux et de celles qui firent l’histoire splendide et sanglante de Byzance. Et que peuvent bien nous dire ces légendes qui paraissent ne pouvoir toucher que les cœurs simples, les âmes innocentes de l'enfance ?

J'aime à croire qu'elles nous parlent de l'espoir indéfectible au milieu des pires catastrophes. De la certitude qu'un jour, même lointain, viendra la lumière au milieu des ténèbres. Peut-être pourrions-nous nous chanter à nous-mêmes la naïve chanson des petits grecs, pour nous faire espérer, attendre ce jour-là. Peut-être aussi sommes-nous chacun, ce roi, cet empereur, muré dans au plus sombre d'une grotte, et que c'est à nous qu'il appartient de le délivrer.

jeudi 17 septembre 2015

Pour se consoler de la pluie

Biarritz - photo personnelle


Rien n'est plus souple et plus faible 
que l'eau.
Mais pour enlever le dur et le fort
rien ne la surpasse
et rien ne saurait la remplacer.
La faiblesse a raison de la force,
la souplesse raison de la dureté.
Tout le monde le sait
mais personne ne veut le mettre en pratique.

Lao Tseu

vendredi 11 septembre 2015

L'Homme-Joie

Tiruvannamalai - Tamil-Nadu - Inde du Sud
photo fabian da costa


" Nous avons vous et moi, un Roi-Soleil assis sur son trône rouge dans la grande salle de notre coeur. Et parfois quelques secondes, ce roi cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue. C'est aussi simple que ça. "

Christian Bobin " L'homme-joie " L'Iconoclaste 2012

vendredi 4 septembre 2015

Le marin qui aimait la terre

Le Pelvoux - Alpes du Sud - photo fabian da costa


Les Alpes du Sud en ce début septembre. Un jour de grâce entre  pluie et brume pour une escapade entre amis, là-haut, enfin pas tout en haut quand-même...

Un chalet hôtel désuet et charmant, un barman, serveur et encore beaucoup d'autres choses aux cheveux grisonnants, au regard un peu nostalgique. 

Le dernier soir, la fondue traditionnelle apportée par notre barman, serveur, et encore beaucoup d'autres choses...Nous avons les yeux toujours pleins de l'émerveillement de la journée et nous lui demandons s'il aime la montagne. Oui dit-il, mais j'aime surtout la terre. J'ai été marin pendant vingt ans, et quand on ne voit que du bleu, que de l'eau pendant quinze jours, la terre on l'attend, on la sent avant de la voir. Et quand les pieds se posent enfin sur le sol, une feuille qui tombe d'un arbre devient un miracle, une merveille.

Qu'il était beau cet homme qui allait en mer pour mieux aimer la terre.