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lundi 26 septembre 2011

Mélancholia


 

Mélancholia, tu as dans tes yeux violets de tendres algues qui dérivent au fil de leurs reflets.

Mélancholia je t'aime et je te rends visite le soir, quand la lumière faiblit et que vient la nuit à pas gris et silencieux.

Mélancholia tu es un doux poison, un pernicieux plaisir dont je sais l'usage et le danger.

Mélancholia, je me couche dans tes bras de soie, tes larmes ont le goût des chagrins d'enfant, tu te parfumes des bonheurs enfuis, des voix oubliées, des espérances meurtries.

Tu es mon aimée et je me méfie de toi, comme l'amant de l'amante dont il sait le pouvoir.

Mélancholia, toute pareille aux eaux calmes et claires d'un lac sous la lune, je m'arrache à toi, cesse de m'enlacer.

lundi 19 septembre 2011

Mais laissez-nous au moins la part des Anges

photo © fabian da costa


 La part des anges, ce miracle alchimique, cette vapeur subtile qui s'échappe des fûts d'alcool, dans les caves aux murs noircis par cette invisible buée.

La part des anges, ce n'est après tout que l'essence de l'être, offerte et en apparence perdue, qui doit s'évaporer pour que de cette perte naisse l'essentiel.

Sans doute parce que je suis née à Bordeaux dans le quartier des Chartrons, entre un fabricant de caisse à bouteilles et un chaix rempli de fûts sonores, tout ce qui se rapporte au vin résonne et me fait rêver à une enfance envolée.

Mais lorsqu'en moi sont venus sans raison apparente, ces mots : " Mais laissez-nous au moins la part des anges. " J'ai su tout de suite qu'il s'agissait d'autre chose encore. Quelque chose de si intime que j'ai mis quelque temps pour cela advienne, et un peu plus encore à l'écrire.

A bien regarder cette émotion qui se levait, j'ai vu qu'elle me parlait de cette part la plus secrète, la plus cachée de l'âme, qu'elle venait de ce lieu où nous-même avons tant de peine à aller. Là se tient, extrêmement fragile, ce qu'un souffle peut briser, une parole blesser. La part des anges qui revient à chacun est peut-être là, dans la caverne du cœur, impossible à nommer. Et pourtant, qu'un geste, une blessure l'atteigne, et nous voilà blessé, atteint.

Oui, laissez-nous cette part, nous voulons l'offrir aux Anges et seulement à eux, ces messagers soyeux, nos frères.
 



samedi 17 septembre 2011

En attente

photo@fabian da costa


De je ne sais plus qui...mais parole de grande sagesse :

" Ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il faut l'écrire. "

A bientôt...

dimanche 4 septembre 2011

Vercopoème VI

photo © fabian da costa



Lorsque vient la silencieuse blancheur de l'hiver,
la lente emprise du givre et des glaces,
ce que tu croyais connaître, reconnaître,
se voile, se dissimule, s'estompe -
pour te laisser égaré, privé de tes certitudes,
sur une terre vierge aux repères effacés,
où tu es l'inconnu, l'insolite, l'intrus.