mercredi 14 avril 2021

Ancêtres...?

 


 

 Et si nous ne descendions pas d'un chimpanzé menaçant, mais d'un gentil grand singe empathique de type bonobo ? "

 

Frans de Waal, primatologue.

 

 

 Franchement, voilà une idée que je trouve bien séduisante. De ma première éducation " judéo-chrétienne ", j'avais quelques temps, comme il en était obligatoire sous peine de damnation éternelle, cru que mes premiers ancêtres se nommaient Adam et Eve, venus tout droit du paradis, avant que leur amour immodéré pour les pommes ne leur attire beaucoup de pépins.

 

Quelques années et  avancées scientifiques plus tard, j'ai accepté sans trop de peine de reconnaître les chimpanzés pour mes premiers et lointains parents. Cela m'était d'autant plus facile, que née sous X, je ne connaîtrai jamais rien de mes ascendants, puisque personne de ma famille biologique n'eut jamais l'idée de réclamer la merveilleuse, la prodigieuse personne que je suis : tant pis pour eux.

 

Et je retombe aujourd'hui sur une excellente nouvelle qui m'avait échappé : nous descendrions en fait des gentils bonobos, nos plus proches parents, par un génome quasi commun. Je m'en réjouis et j'échange sans hésitation des ancêtres bibliques maudits par un Dieu vengeur et des chimpanzés bagarreurs - se souvenir des premières images de " 2001 Odyssée de l'espace " - où découvrant l'utilité d'un os imposant, le chef du clan des grands singes en fracasse immédiatement le crâne de son rival - contre une famille de gentils bonobos, doués d'empathie, préférant faire l'amour et pas la guerre. Nos chers hippies qui ne connaissaient pas encore cette filiation, ont parfaitement appliqué cette méthode " non-violente ".

 

Bon, les bonobos sont peut-être un peu trop " partouzeux," mais nous ne sommes pas forcé de tout aimer chez ceux qu'on aime...n'est-il pas...?

 

Et cette bonne nouvelle l'est à plus d'un titre, car cela voudrait dire également que l'humain n'est pas dès l'origine une race de brute. L'empathie, l'altruisme, la gentillesse, font partie de notre patrimoine, à nous de les faire émerger. Il paraitrait que même dans les domaine qui en semblent les plus éloignés, l'économie, la gestion d'entreprises, la notion d'empathie prenne de plus en plus de place...c'est-vous dire...

 

 

 

 


lundi 12 avril 2021

Où sont-ils ?

 

                    souvenirs - photo fabian da costa


Où sont les mots oubliés, les souvenirs perdus, les sentiments enfuis ?

 

Tu cherches tes mots.

 

Tu ne te souviens plus.

 

Le parfum des amours s’est évaporé.

 

Et voilà que tu sens lentement, insidieusement, s’installer à leur place un brouillard léger mais tenace. Une brume plutôt, qui efface les contours, gomme le paysage.

 

Ce n’est pas une vraie douleur, juste un pincement au cœur devant ces absences, un mélancolique regret. Rien ne peut se tenir, ni se retenir. Tu le sais, tu le vois. Triste ? Non, pas vraiment, si tu donnes liberté à tout cela que tu as cru être tiens. La liberté de partir et de revenir – ou pas. Si tu te donnes à toi aussi la liberté de partir et de revenir. De revenir dans ces lieux aimés, parmi ces mots que tu avais égarés, vers ces amours que tu choisis de retrouver.

 

Ils reviendront aussi sûrement que le jour vient après la nuit. Pas forcément semblables à ceux que tu avais connus. Ils avanceront vers toi peut-être masqués, changés, transformés par le temps. Alors tu ouvriras les bras et tu les prendras tendrement contre toi. Tu leurs diras : vous voici enfin - comme vous êtes beaux, précieux, plus aimés encore qu’au début de notre rencontre. Et cette rencontre là, sans doute, sera celle du Vrai Amour.

 

 

 

 

samedi 10 avril 2021

Un roseau pensant ?

 

               Musée d'Art de Lisbonne-photo fabian da costa

 

L’homme est bien un roseau pensant, mais ses plus grandes œuvres se font quand il ne pense ni de calcule. Il nous faut redevenir “comme des enfants “ par de longues années d’entrainement à l’art de l’oubli de soi. Quand cela est réalité, l’homme pense et pourtant il ne pense pas ; il pense comme les ondées qui tombent du ciel ; il pense comme le vert feuillage qui bourgeonne dans la paix de la brise hivernale. En vérité, il est les ondées, l’océan, les étoiles, le feuillage.

Daisetz T.Suzuki. Préface de “ Le Zen dans le tir à l’arc“ de E.Herrigel

samedi 3 avril 2021

Labyrinthe

 



" La beauté du monde est l'orifice du labyrinthe. L'imprudent qui, étant entré, fait quelques pas, est après quelques temps hors d'état de retrouver l'orifice...s'il continue à marcher, il est tout à fait sûr qu'il arrivera finalement au centre du labyrinthe. Et là, Dieu l'attend pour le manger. Plus tard il ressortira, mais changé, devenu autre, ayant été mangé et digéré par Dieu. Il se tiendra alors auprès de l'orifice pour y pousser doucement ceux qui s'approchent."

Attente de Dieu - Simone Weil

samedi 27 mars 2021

Le Port des Songes

                           Belèm - Portugal

 

Le port des songes d’où partent et arrivent les rêves. Les rêves éveillés et les autres, ceux des nuits pleines comme la lune ce soir, ceux qui laissent au matin déçu de se retrouver dans son lit, dans sa chambre.

 

Ici, la tour de Belém garde l’entrée du port de Lisbonne, le coucher de soleil sur le fleuve est toujours aussi spectaculaire, et l’homme qui photographie toujours, le photographie, comme il l’a sans doute été des milliers de fois avant lui.

 

Au pied de la Tour, le Tage le long des quais. Le Tage qui vient d’Espagne, traverse le Portugal, paresse un peu dans son estuaire avant de se perdre dans l’Océan Atlantique. A gauche, un terminal pétrolier, qu’il est possible avec un peu de poésie de comparer à un oiseau aux grandes ailes. Oui, avec un peu d’imagination.

 

Mais là-bas, surtout et presque avant tout, l’Océan. De Belèm, au pied de la Tour, partaient les caravelles remplies d’hommes eux même emplis de désirs et de rêves.

Ils partaient pour de bonnes raisons, et aussi pour de très mauvaises. L’humain est ainsi, ombre et lumière. Beaucoup d’ombre. Mais comment résister quand on habite une terre étroite, peu fertile, coincée entre l’Europe et la mer. L’Europe qui pousse les hommes et les navires vers un horizon porteur d’espoirs de richesses et d’aventures. 

 

J’aime les ports – de ma naissance à ma dixième année, je n’ai vécu que dans des ports, qui tous s’ouvraient sur l’Atlantique. Et puis la vie m’a déposée sur d’autres rives. Des collines, des falaises, des montagnes. C’est bien beau aussi, évidemment. Ne le répétez pas, mais je ne me suis jamais consolée.

 

L’Océan, il est en moi, toujours. Toujours j’écoute le ressac, j’entends les vagues sur le rivage. Et quand les larmes me montent aux yeux, ce qui arrive assez facilement, je sais que c’est un peu de cette mer qui déborde doucement. On a l'eau salée qu'on peut !

 

Un jour que j’espère quand même assez lointain,  mes cendres seront dispersées là-bas, et je disparaitrai, comme une goutte d’eau s’anéantie dans la mer.

dimanche 14 mars 2021

une splendeur infinie

 

 

Aigle dans le Vercors-photo fabian da costa


La Sîmorgh prend son essor en restant immobile ;

elle vole sans franchir de distance ;

elle s'approche et pourtant elle n'a parcouru aucun lieu.

Sache que toutes les couleurs dérivent de la Sîmorgh 

mais qu'elle même n'a aucune couleur.

Son nid est en orient

mais sa place en Occident n'est point vacante. 

Sohravardi

jeudi 11 mars 2021

Douceur


 Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont des pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombe qui dirigent le monde.

Frédéric Nietshche, Zarathoustra

Eurydice...

                                   photo fabian da costa   Eurydice, Eurydice, je pense à toi ce soir. Il fait froid, il fait noir, et je t’...