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dimanche 23 octobre 2011

La Trame des jours

fabian da costa © photographe

Nostalgie



     Voilà qu'ils ont grandi, ceux-là que nous avions tenu, les mains posées sur notre ventre ; petites bêtes rondes et remuantes.

    Ceux-là que nous avons monté doucement, maille à maille, comme les petits tricots que nous leur préparions.Tricoter une brassière - tricoter un enfant, une femme peut vous faire tout ça en même temps.

    Bien sûr, nous le savions, que les enfants grandissent. Qu'ils se déploient lentement, qu'ils s'enroulent, jeunes glycines, de nos genoux à notre taille. Ils nous monteront d'abord jusqu'à l'épaule, avant de nous regarder, là, dans les yeux, sans plus avoir besoin de lever les leurs.

     Tout nous le disait, tout nous l'apprenait. Les manches du chandail qui fuient loin des poignets, le bas du pantalon, qui s'éloigne horrifié du plancher, la chaussure trop petite et à peine achetée.

    Nous sommes prévenus, avertis, mis en garde, et pourtant désarmés. Car c'est léger comme la main du vent, le soir après les chaleurs de juillet. Fugace comme la course des nuages sur les grands champs de blé.

      C'est l'impalpable instant où le visage change. Une lumière qui soudain efface les rondeurs de l'enfance, pour éclairer, subite et d'abord passagère, cet inconnu qui vient au monde.       
     
      Voilà qu'ils ont grandi - mais çà, on le savait. Ce qu'on ne savait pas, ce que l'on n'apprend pas,c'est la vive douleur de l'invisible fil plus fin que le rasoir,qui tranche entre eux et nous, une indispensable frontière.

2 commentaires:

  1. De la nostalgie peut-être, mais je n'ai pas ressenti cette "vive douleur" dont tu parles. Je dirais même, au contraire. J'ai du plaisir à constater que mon fils est devenu adulte à son tour.

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  2. sans doute m'a -t-il fallu un peu plus de temps pour devenir adulte moi-même...

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