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samedi 3 mars 2012

La Trame des Jours

photo fabian da costa


                  Dire la tendresse, sans mot, sans geste - dans le silence d'un soir semblable à tous les soirs. Pas même la glorieuse fin d'une journée d'été - non - un soir gris souris, où le brouillard laiteux laisse tomber une pluie invisible, mais qui mouille jusqu'à la moëlle, et les choses et les gens.

                  L'enfant lit sur le canapé, et le chien ventre en l'air au fond du meilleur fauteuil, rêve, en agitant faiblement les pattes. La radio laisse couler des blues rapeux.

                  C'est là que le coeur s'élargit pour les enserrer tous: l'enfant et le chien, et la nuit légère qui vient  sur ses jambes de soie. Le dernier rire du geai avant le prochain matin, sonne dans le vallon. On attend celui qui rentre, et plus la nuit s'étend, et plus l'attente est longue.

                  La tendresse comme un sommeil léger, où l'on dort à deux, sans se toucher. La tendresse, comme les paupières closes de l'enfant qui protège encore sa nuit du matin.

                  Elle vient là où on ne l'attend pas. Elle marche simplement ; elle ressemble à tout le monde et à n'importe qui. Elle était dans cet énorme supermarché, la veille des vacances, au milieu des chariots, de la bousculade.Elle était dans cet enfant, déjà grand, qui galopait à côté de sa mère, entre les maillots de bain et les glacières. Elle lui est venu dans le coeur, comme une belle vague déferlante, comme une fleur brusquement éclose ; il a pris la main de cette mère qui filait hagarde, comme chaque fois qu'elle fait ses courses dans les petits enfers des grands magasins, et il l'a passionnément embrassée. Petite folie d'amour, de quoi être heureux, longtemps.

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