samedi 29 octobre 2011

La Trame des jours

fabian da costa © photographe




Toute fenêtre est magique qui s'ouvre à la lumière et se ferme sur l'ombre.

Toute fenêtre donne envie d'aller voir derrière le secret, 

qui là-bas sous le rideau palpite.


dimanche 23 octobre 2011

La Trame des jours

fabian da costa © photographe

Nostalgie



     Voilà qu'ils ont grandi, ceux-là que nous avions tenu, les mains posées sur notre ventre ; petites bêtes rondes et remuantes.

    Ceux-là que nous avons monté doucement, maille à maille, comme les petits tricots que nous leur préparions.Tricoter une brassière - tricoter un enfant, une femme peut vous faire tout ça en même temps.

    Bien sûr, nous le savions, que les enfants grandissent. Qu'ils se déploient lentement, qu'ils s'enroulent, jeunes glycines, de nos genoux à notre taille. Ils nous monteront d'abord jusqu'à l'épaule, avant de nous regarder, là, dans les yeux, sans plus avoir besoin de lever les leurs.

     Tout nous le disait, tout nous l'apprenait. Les manches du chandail qui fuient loin des poignets, le bas du pantalon, qui s'éloigne horrifié du plancher, la chaussure trop petite et à peine achetée.

    Nous sommes prévenus, avertis, mis en garde, et pourtant désarmés. Car c'est léger comme la main du vent, le soir après les chaleurs de juillet. Fugace comme la course des nuages sur les grands champs de blé.

      C'est l'impalpable instant où le visage change. Une lumière qui soudain efface les rondeurs de l'enfance, pour éclairer, subite et d'abord passagère, cet inconnu qui vient au monde.       
     
      Voilà qu'ils ont grandi - mais çà, on le savait. Ce qu'on ne savait pas, ce que l'on n'apprend pas,c'est la vive douleur de l'invisible fil plus fin que le rasoir,qui tranche entre eux et nous, une indispensable frontière.

vendredi 7 octobre 2011

Vercopoème VII


photo© fabian da costa

Nuages


Ils écrivent dans le ciel,

d'une plume légère et floconneuse,

les cartes du temps, les routes des grands espaces.



Imagine-t-on, un ciel pur infiniment,

sans un de ces points d'orgue,

blanc, sur un sommet.




 


lundi 26 septembre 2011

Mélancholia


 

Mélancholia, tu as dans tes yeux violets de tendres algues qui dérivent au fil de leurs reflets.

Mélancholia je t'aime et je te rends visite le soir, quand la lumière faiblit et que vient la nuit à pas gris et silencieux.

Mélancholia tu es un doux poison, un pernicieux plaisir dont je sais l'usage et le danger.

Mélancholia, je me couche dans tes bras de soie, tes larmes ont le goût des chagrins d'enfant, tu te parfumes des bonheurs enfuis, des voix oubliées, des espérances meurtries.

Tu es mon aimée et je me méfie de toi, comme l'amant de l'amante dont il sait le pouvoir.

Mélancholia, toute pareille aux eaux calmes et claires d'un lac sous la lune, je m'arrache à toi, cesse de m'enlacer.

lundi 19 septembre 2011

Mais laissez-nous au moins la part des Anges

photo © fabian da costa


 La part des anges, ce miracle alchimique, cette vapeur subtile qui s'échappe des fûts d'alcool, dans les caves aux murs noircis par cette invisible buée.

La part des anges, ce n'est après tout que l'essence de l'être, offerte et en apparence perdue, qui doit s'évaporer pour que de cette perte naisse l'essentiel.

Sans doute parce que je suis née à Bordeaux dans le quartier des Chartrons, entre un fabricant de caisse à bouteilles et un chaix rempli de fûts sonores, tout ce qui se rapporte au vin résonne et me fait rêver à une enfance envolée.

Mais lorsqu'en moi sont venus sans raison apparente, ces mots : " Mais laissez-nous au moins la part des anges. " J'ai su tout de suite qu'il s'agissait d'autre chose encore. Quelque chose de si intime que j'ai mis quelque temps pour cela advienne, et un peu plus encore à l'écrire.

A bien regarder cette émotion qui se levait, j'ai vu qu'elle me parlait de cette part la plus secrète, la plus cachée de l'âme, qu'elle venait de ce lieu où nous-même avons tant de peine à aller. Là se tient, extrêmement fragile, ce qu'un souffle peut briser, une parole blesser. La part des anges qui revient à chacun est peut-être là, dans la caverne du cœur, impossible à nommer. Et pourtant, qu'un geste, une blessure l'atteigne, et nous voilà blessé, atteint.

Oui, laissez-nous cette part, nous voulons l'offrir aux Anges et seulement à eux, ces messagers soyeux, nos frères.
 



samedi 17 septembre 2011

En attente

photo@fabian da costa


De je ne sais plus qui...mais parole de grande sagesse :

" Ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il faut l'écrire. "

A bientôt...

dimanche 4 septembre 2011

Vercopoème VI

photo © fabian da costa



Lorsque vient la silencieuse blancheur de l'hiver,
la lente emprise du givre et des glaces,
ce que tu croyais connaître, reconnaître,
se voile, se dissimule, s'estompe -
pour te laisser égaré, privé de tes certitudes,
sur une terre vierge aux repères effacés,
où tu es l'inconnu, l'insolite, l'intrus.


Eurydice...

                                   photo fabian da costa   Eurydice, Eurydice, je pense à toi ce soir. Il fait froid, il fait noir, et je t’...