samedi 4 mars 2017

Le retour...

Le désert de Thar - Rajasthan- Inde



Une traversée de 140 kilomètres à travers ce " désert " qui n'est pas complétement désertique, parsemé de bosquets, de petites fermes en terre battue et aux toits de chaume, de troupeaux de chèvres et de moutons, de gazelles sans peur, d'oiseaux sans crainte - de paysans curieux de notre caravane de treize chameaux et d'une dizaine de jeunes marchant en silence à la rencontre d'eux-mêmes et de ce monde nouveau, tout à la fois aride et verdoyant. Comme la vie en somme.

Voir, à la fin de la journée, apparaître les tentes du camp au sommet des dunes - le repas sous les étoiles, la nuit, claire d'une lune bienveillante. Il y eut de la fatigue, des ampoules, des rires, des agacements, des réconciliations, de la tendresse, beaucoup.

C'était un beau voyage pour le dehors et le dedans. Vraiment un très beau voyage.

dimanche 1 janvier 2017

L'ange de Tobie

l'archange Raphaël et Tobie



Lui, le porteur d'ailes, c'est Raphaël, l'archange qui conduit, qui guérit. L'autre c'est Tobie, dernier espoir de sa famille, envoyé sur les routes dangereuses pour réclamer une créance auprès d'un débiteur peu scrupuleux. A la maison l'attend son vieux père aveugle, sa mère âgée, tous dans une extrême pauvreté, après une vie de générosité et d'abnégation. Dans l'ombre, presque invisible, le chien fidèle qui fera tout le chemin avec son coeur aimant.

Le Livre de Tobie est l'un des très beau récit de l'Ancien Testament. Les poissons salvateurs,les démons, les anges, accompagnent les humains, les bénissent ou les torturent.

Tobie ne voit pas l'ange que nous voyons. Il voit simplement un jeune compagnon de voyage qui se fait fort de lui indiquer la route et de le protéger. Raphaël le conduira à bon port, lui donnera le remède qui guérira la cécité de son père, et lui permettra de trouver Sara son épouse de tout temps destinée.

Aujourd'hui, premier jour de l'an 2017 et tout au long de cette  année, nous rencontrerons certainement des anges aux ailes invisibles.  Par avance je leur donne toute ma gratitude.


samedi 31 décembre 2016

L'Ange à la fenêtre d'Occident

" Les ailes du désir " Wim Wenders



C’est un livre posé en équilibre sur l’extrême bord de ma bibliothèque, comme un ange prêt à basculer. Et de lui me revient le souvenir de l’ange Damiel, dans le film de Wim Wenders - celui qui par amour des humains perdit ses ailes et trouva un coeur.

Fin de l’an 2016 - l’une de ces années que l’on peut nommer “ annus horribilis “ , pleine de fureur, de sang et de bruit. Que peut-il voir de nous cet ange mélancolique qui se penche sur notre humanité ? Peut-il nous proposer autre chose qu’une immense compassion, un tendre regard sur nos blessures, sur nos espoirs ?

Tout ange est terrible disait Rilke, terrible et foudroyant par sa beauté et sa force. Mais pas cet ange là, qui ne semble connaître que pitié pour notre faiblesse.

Cette nuit se lève l’an 2017, ses incertitudes, ses espérances et ses craintes. Un ange se penchera-t-il sur notre terre ? Je ne sais pas - mais me vient la pensée que nous pourrions, pour nous-mêmes et nos frères humains, être un peu des anges, penchés les uns vers les autres, avec tendresse et patience.


vendredi 2 décembre 2016

Carnets anciens...

Le Lorrain - Port de mer au soleil couchant



Comme je partirais bien sur ces navires gréés
dans l'or des ciels du Lorrain.
A quai, mais déjà en partance
dans un couchant radieux.
 Il y a des hommes graves 
et des femmes qui passent.
Des palais et des places 
dans les brumes du soir.

Je partirais mon amour bien avant toi.
Des siècles précédant tes pas.
Pour t'attendre là-bas où je n'étais pas.

Et je serai la première pierre sur laquelle tu marcheras,
l'eau que tu boiras,
et la fleur que tu prendras.


jeudi 20 octobre 2016

Comme une lumière dans la nuit...




Dans le vieux Lyon, rue Saint-Jean pour ne rien vous cacher, se trouve un lieu de perdition. La librairie d'occasion " Diogène ". Voici presque deux ans que furetant dans le rayon Asie, je tombe sur ce gros livre qui me tente et me retente. Son prix un peu plus élevé que ce que je souhaitais m'en a fait retarder l'achat à chaque fois. Jusqu'à notre dernière visite - car enfin, il était toujours là - pour moi, ou du moins ais-je enfin réussi à m'en persuader. 

Je n'ai pas regretté mon achat : sont rassemblés dans cet ouvrage de 1928, des textes inédits des grands penseurs indiens qui ont marqués la littérature et la vie sociale et politique de l'Inde, encore sous le joug anglais. 

Ce matin je l'ouvre délicatement à la première page - le magnifique papier ivoire demande délicatesse et précaution - et je lis le message d'introduction écrit par le Mahatma Gandhi.

" La plus grande contribution que L'Inde puisse apporter à la somme du bonheur humain, c'est de parvenir à sa liberté par des moyens pacifiques et loyaux. Pareille chose arrivera-t-elle jamais, c'est plus qu'on ne peut le dire. En vérité les apparences contrediraient cette croyance. Néanmoins, ma foi en l'avenir de l'humanité est si grande que je ne peux faire autrement que croire que l'Inde obtiendra sa liberté seulement par des moyens pacifiques et loyaux, et par nuls autres. 
Puissent donc tous ceux qui partagent ma croyance aider l'Inde à atteindre cette suprême consommation ! "
Ashram, Sabarmati, 7 juillet 1926 ( Traduit par Madeleine Rolland )

En 1926 Gandhi a 57 ans, il vient depuis peu d'être libéré des prisons anglaises pour raison de santé. Ses campagnes de non violence ont déjà fait naître dans l'Inde une grande espérance. Et pourtant, la force de l'occupation anglaise semble écraser les foules indiennes de pauvres gens, conduites par ce petit homme maigre, presque nu. Au milieu de malheurs innombrables, dont la partition entre l'Inde et le Pakistan n'est pas la moindre, les anglais se retirent et l'Inde devient indépendante en 1947.
Un an plus tard Gandhi est assassiné par un fanatique hindou. Mais au-delà des soubresauts politiques, des luttes sanglantes qui agitèrent l'Inde longtemps encore, sa volonté de paix et de non violence a triomphé des armes. 
J'ai lu ce texte ce matin, après avoir écouté les nouvelles toujours catastrophiques, toujours anxiogènes, que tous nos médias dispensent chaque jour. Et j'ai pensé qu'il était bon de le partager  comme une lumière dans la nuit qui nous oppresse.

mercredi 19 octobre 2016

lundi 10 octobre 2016

Je n'ai pas vu le grand cerf dans la forêt

 
 Quelque part dans le Vercors




Et oui, je n'ai pas vu le grand cerf qui brame dans la forêt. Malgré un réveil plus que matinal, vêtue de plusieurs couches de vêtements, munie d'un thermos de thé chaud et de quelques biscuits, malgré quelques heures de marche, je n'ai pas vu de cerfs.

Ce que j'ai vu alors ? J'ai entrevu dans le brouillard laiteux d'un matin d'automne, des arbres fantômes, des sentiers mystérieux qui s'enfonçaient sous des voûtes de feuillages vers un ailleurs de rêve. 

J'ai vu également, et cela sans peine aucune, des porteurs de superbes télé objectifs, l'air concentré et grognon, qui eux non plus ne voyaient pas le grand cerf. Personne ne l'a vu : la faute au brouillard bien entendu. Ne répétez pas ce que je vous dis-là - cela ne m'a pas déplu.  

Mais je l'ai entendu bramer dans la forêt, le grand cerf que tout le monde attendait. De ce son puissant et rauque, celui qui appelle la biche, qui la charme, la convoque pour perpétuer la vie, pour que l'an prochain il y ait encore des cerfs majestueux, des biches craintives, et des photographes derrière leurs objectifs.

Je ne l'ai pas vu, ni lui ni aucun autre, mais je sais qu'ils étaient là, occupés de leurs amours, de leur combats, de leurs conquêtes. Vraiment, est-ce que cela nous regarde ?



Eurydice...

                                   photo fabian da costa   Eurydice, Eurydice, je pense à toi ce soir. Il fait froid, il fait noir, et je t’...