Aljezur - Portugal
jeudi 2 janvier 2020
samedi 28 décembre 2019
La Nuit du coeur juste avant l'Aube
Portugal - photo fabian da costa
Vous ne devez pas vous effrayer quand une tristesse se lève devant vous, fût-elle une tristesse plus grande que toutes celles que vous avez vécues. Quand une inquiétude passe, comme ombre ou lumière de nuage, sur vos mains et sur votre faire, vous devez penser que quelque chose se passe en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu'elle vous tient dans sa main à elle et ne vous abandonnera pas.
" 365 Jours avec Rainer Maria Rilke " Points Vivre Editions
samedi 23 novembre 2019
Brisure... Fracture...Ouverture
après la tempête
Le si joli érable de notre
jardin zen ! L’une de ses branches maîtresses brisée par le poids d’une
neige historique, parait-il – le cœur de son tronc mis à nu ! Sa blessure
mastiquée avec soin, nous espérons qu’il sera assez fort pour guérir.
En le regardant, une
sentence signée Michel Audiard, grand philosophe devant l’Eternel, m’est
revenue à l’esprit.
« Heureux les fêlés car ils laisseront passer la lumière. «
Brisures, félures,
fractures, cela résonne très fort pour moi en ce moment. Que celles et ceux qui
ne croient ni à la synchronicité, ni aux symboles passent leur chemin. Je m’en
voudrais de les énerver !!
Par deux fois : il y a
15 ans et maintenant, je me suis gravement fracturé, d’abord la cheville et
ensuite le poignet. Chutes banales en apparence, un sentier de randonnée en
mauvais état, un escabeau instable – soit. Mais ce qui est moins banal, en tous
cas pour moi, c’est qu’à la suite de chacune, un événement marquant de ma vie
s’est produit. Comme s’il avait fallu qu’à travers ces os brisés puissent
passer ce que je refusais farouchement d’affronter. Que ce lâcher-prise
impossible à faire, m’était imposé par la vie. Et à chaque fois, oui, la lumière a jaillit - de la lumière pour moi et pour les autres.
Ce serait bien n’est-ce pas
s’il n’était plus besoin d’accidents pour comprendre qu’il est possible de
s’ouvrir à la vie sans en mourir. Et puis notre bon Monsieur de la Fontaine
nous l’a bien dit, le roseau plie et ne rompt pas, le chêne oui.
J’aimerais bien être à l’avenir
comme ces bols japonais, dont les brisures sont réparées par des filets d’or.
Garder la lumière en soi, mais sans fractures !
vendredi 22 novembre 2019
Darkness
soir de panne
De la neige, beaucoup de neige, trop de neige. Lourde,
écrasante, plombante. En quelques heures les arbres, les pylones, les fils
électriques s’effondrent, craquent. En quelques heures plus de lumière, de
chauffage, de téléphone, d’internet…Malheur à ceux qui ont opté pour le tout
électrique, naufragés du confort ils doivent fuir dans la famille ou chez des
amis mieux lotis.
Bénis ceux qui ont gardé les bon vieux poêles à bois, ceux
qui n’ont pas mis au rancart la lampe à pétrole des arrières grands parents. Le
froid, la nuit qui s’installe en fin de journée, le congélateur qui lâche, le
frigo qui rend l’âme…le cerveau qui finit lui aussi par tourner au ralenti,
rien de bien plaisant.
Jusqu’à cet instant du soir, de l’après-dîner, ou faute de
mieux on s’assoit pour regarder. Regarder, contempler le jeu silencieux des
ombres et des lumières. Ce qui disparaît et apparaît, tout ce qui a toujours été
et qu’on ne voyait pas parce qu’on y voyait trop.
Et puis un jour, tout revient, avec un grand ah ! de
délivrance et de satisfaction. Un retour à la normale ? Qui sait ?
Hommage
A celui qui n'existe pas
Je m’incline, oui, je m’incline devant celui qui semble
mener nos vies sans rigueur ni sagesse, celui que l’on accuse de tous les maux
ou de toutes les peines. Dieu des
joueurs de dés, al-zahr,
yasara en arabe ancien,
prétexte et bouc émissaire, cher hasard, pourtant, je ne crois pas en
toi.
Enfin, je ne crois pas en ton
aveuglement, je ne crois pas que tu te plais à nous tromper, nous égarer. Tu es
un trésor de joyeuse malice pour autant que l’on te laisse faire…un peu. Celui
qui va marcher au hasard, ouvrir un livre en ton nom, prendre cette route et
non une autre, sera rarement déçu. Car advient ce qu’il n’attendait pas ,
s’ouvre une porte inconnue, se dévoile un paysage nouveau.
On prête à Einstein, mais que ne lui
a-t-on pas prêté, cette sentence célèbre « Le hasard, c’est Dieu qui avance
masqué . « De lui ou pas, peu importe. J’adhère, je confirme, j’affirme
même.
« Vai com deus « Disent en manière d’aurevoir les portugais. Va
avec Dieu - et je me permettrai d’ajouter
- avec le hasard qui te surprendra, te sidèrera, te comblera.
samedi 6 juillet 2019
mercredi 22 mai 2019
L'ouverture du coeur
Patmos - photo fabian da costa
" Il n'est plus temps de s'apitoyer sur ses propres cendres.
Tout est nouveau à chaque pas maintenant.
Couper les ponts tentant les retours vers les anciennes errances rassurantes.
Le lotus du coeur s'ouvre.
Que reste-t-il des jours et des doutes."
Jean Ardent
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