jeudi 21 avril 2016

Patmos







Voilà que nous partons là-bas accompagnés du poème d'Hölderlin, pour ramener des images et des impressions.
à bientôt





" Mais bruissent autour des portes de l’Asie
S’étirant ça et là
Dans la plaine marine incertaine
Bien assez de routes sans ombre,
Cependant il connaît les Îles, le marin.
Et comme j’entendis
Que l’une des proches
Était Patmos,
Me prit le très fort désir
D’y aborder et d’y
Approcher la grotte obscure.
Car ce n’est pas, telle que Chypre
La riche en sources, ou
L’une des autres,
Avec magnificence que réside Patmos,


Ainsi prit-elle soin
Jadis du bien-aimé de Dieu,
Du Voyant qui dans une heureuse adolescence était

Parti avec
Le Fils du Très-Haut, inséparable, car
Il aimait, le porteur d’orages, la candeur
De l’adolescent et il voyait, l’homme attentif,
Le visage de Dieu exactement, "

(Friedrich Hölderlin, traduction française de Patrick Guillot du poème « Patmos»)

samedi 9 avril 2016

Sauver le monde ?

Coplet - Saint-Jean-en-Royans - photo anne da costa



N'essayez pas de sauver le monde ou de faire 
quelque chose de grandiose.
Aménagez plutôt une clairière dans la forêt de
votre vie, et attendez patiemment que votre propre 
musique sonne au creux de vos mains,
Reconnaissez-là - accueillez-là.
C'est à ce moment seulement que vous saurez
comment vous offrir à ce monde qui mérite tant
d'être secouru.

Martha Postlewaite - Version française Michèle Le Clech - Nelly Delambily

Sur le blog " carnets de rêves " que je ne saurais trop recommander à tous ceux qui se passionnent pour cette dimension nocturne de nos vies.

lundi 21 mars 2016

origines

le jardin zen d'Erik Borja - Drôme - photo anne da costa



Les recycleries, ressourceries, tous ces lieux d'échanges, de partages, sont de vrais cadeaux du ciel. Nous y apportons tout ce que nous voyons de superflu chez-nous, mais qui peut encore faire le bonheur des autres, et bien entendu nous en rapportons presque autant, sinon plus, histoire de remplir à nouveau l'espace libéré. 

De ma dernière visite j'ai ramené dans ma bibliothèque déjà surchargée, deux livres, dont celui d'Amin Maalouf, " Origines ". Ceux qui me connaissent ne s'étonneront de ce que le titre m'est interpellé. 

L'auteur hérite d'une malle pleine des archives de sa nombreuse famille, dont les membres ont essaimé depuis le Liban jusqu'aux Amériques et dont il tente de dénouer l'écheveau des histoires complexes, pour renouer le fil des générations qui l'ont fait ce qu'il est.

Outre la certitude que notre approche actuelle, du moins la mienne, des conflits qui secouent le Proche-Orient, a trop souvent péché par une méconnaissance de l'histoire, des histoires, de ces multiples pays, religions, ethnies, j'y ai trouvé cette phrase qui m'a paru tellement juste :

" Nous sommes les générations arrogantes qui sont persuadées qu'un bonheur durable leur a été promis à la naissance - promis ? mais par qui donc ? "

Et il y a bien de cela pour notre génération née après la dernière guerre, et pour nos enfants. Ces fameuses trente glorieuses qui nous ont fait croire que prospérité et sécurité nous étaient acquises pour toujours, nous ont sans doute rendu sourds et aveugles à ce qui se préparait, ce qui allait advenir.
Non, nous ne pouvons plus promettre à nos enfants et à leurs enfants, ce bonheur durable que nous avions espéré. Nous pouvons peut-être juste leur parler, et à nous mêmes également, de courage, de partage, d'amour et d'espoir.

mardi 15 mars 2016

Pourquoi ne pas oser un poème d'amour ?

matin frileux - photo fabian da costa



C'est un amour pavot,
rouge feu, rouge nuit.
Je marche comme on dort dans ce grand pré fleuri.
Ne me réveillez pas de ce songe où je suis.

Mourir de ce poison ou bien vivre par lui
sont du même plaisir les deux faces unies.
Que le jour où ta voix ne me fera plus trembler,
celui où de toi ma soif sera comblée
ne vienne jamais.

Je n'ai pas choisi la mesure d'aimer.
Si elle m'est donnée ainsi démesurée,
c'est qu'il fallait cela entre nous déposé.

vendredi 26 février 2016

Le don du Simple

ouvrier à Faridabad - Inde- photo anne da costa





Ceux-là ne posent pas, ils ne connaissent pas les selfies. Si on le leur demande, ils offrent leurs visages, et un peu plus. Ce sont les simples de la vie, les invisibles, les indispensables. Et quand ils voient, sur l'écran de l'appareil photo, leur visage, ils sourient, intimidés par cette rencontre avec eux-mêmes.

Eurydice...

                                   photo fabian da costa   Eurydice, Eurydice, je pense à toi ce soir. Il fait froid, il fait noir, et je t’...